Depuis quelques jours vous pouvez trouver en boutique la version française du jeu de Greg Daigle, un américain qui nous a pondu un jeu dans le plus plus style "eurogame". Hawaï est d'ailleurs édité par Hans im Glück avant que Filosofia, comme souvent, se charge de la localisation. Multi-scoring, modularité du plateau, finances sur le fil du rasoir, … allez, on fait le tour complet de l'île ?
Disons-le tout de suite : il va être difficile de positionner Hawaï en termes de cible. Exotique et avenant, avec un tour de jeu très simple (je me déplace, j'achète, j'agrandis mes villages), on se dit que le jeu va faire le bonheur des familles. Mais avant de faire ce bonheur, il y a une règle. Et une règle qui, sans se répandre sur des pages et des pages, multiplie les éléments stratégiques, comme un refus à une quelconque linéarité. Si cela passe pour une qualité chez l'initié, il peut désarmer le Newbie.
L'idée d'Hawaï est de vous faire aménager votre coin d'île. Vous pourrez constituer de 1 à 5 villages, dans ce qui ressemble au premier abord à ce que Hans im Glück - toujours lui - nous avait proposé il y a 5 ans avec Wikinger. A l'époque, le jeu de Michael Kiesling avait misé sur des règles évolutives et surtout sur un mécanisme de roue d'achats vraiment ingénieux. Il n'y a pas, dans Hawaï, cette même aspérité mécanique, visible au premier coup d'oeil. Si aucun partenaire ne le devance, si ses finances le permettent, le joueur est libre de faire stratégiquement ce qu'il veut… ce qui rend diffus, au premier abord, un gameplay pourtant très accessible.
Une partie va se jouer en 5 tours, chacun vous accordant en préambule un revenu fait de coquillages et de petits petons. Ce revenu s'amenuisant au fil de la partie, votre premier souci sera sans doute de compenser le manque à gagner, en construisant sur votre plateau des éléments susceptibles de vous fournir les 2 ressources clés du jeu, plus éventuellement une troisième : les fruits, qui font office de joker.
Les petons vous permettent d'aller et venir, les coquillages d'acheter : reste à vous déplacer au coeur de l'ile, sur les dix lieux qui le constituent et où vous pourrez récupérer des huttes, des tikis, des pirogues, des surfeurs, des danseuses et j'en passe. Votre principale question à chaque tour : est-ce que j'achète utile ou à l'économie ? Les deux sont heureusement compatibles, ce qui réduira en conséquence votre temps de réflexion. Mais au cours de celle-ci, il faut prendre en compte les distances, car votre capacité de déplacement n'est pas illimitée. Pouvoir faire ses achats dans un secteur restreint est toujours préférable. Facile à dire ?
Il serait fastidieux d'évoquer ici en détail tous les effets de chaque type de tuile. Par contre, impossible de passer sous silence la possibilité de pouvoir payer le double afin d'utiliser le verso d'une tuile, doublement productif ou plus avantageux. Il s'agit ici de l'un des choix les plus intéressants du jeu car à double tranchant : s'il vous permet de gagner du temps et d'économiser vos petits pieds, il met à mal vos liquidités, donc limite le nombre d'achats, ce qui peut vous pénaliser dans l'aménagement de vos villages et pour le bonus de fin de tour. Le bon vieux principe d'un bien pour un mal : sauf qu'ici, le mal peut être double.
Surtout que ce fameux bonus n'est pas négligeable et qu'il augmente au fil des tours : comme la condition pour l'obtenir d'ailleurs ! En fait, un palier est fixé : si l'atteindre vous garantit un minimum de points de victoire supplémentaires, vous pouvez en gagnez beaucoup plus en finissant 1er ou second du tour. Ce classement est établi en fonction de vos jetons "prix" et des poissons que vous avez pêchés. Je crois que vient le moment de vous parler, justement, des jetons prix, le seul élément cahotique du jeu.
Placés au hasard, au début de chaque tour, ils définissent dans chaque lieu combien d'achats (de 0 à 3) peuvent être faits et à quel(s) prix. Arriver en premier à un endroit vous permet, si il y a plusieurs jetons, d'acheter au prix qui vous convient, puisqu'ils peuvent afficher des montants différents (de 2 à 6). Et ce n'est pas toujours le jeton le plus petit qu'on choisit. Car une fois la tuile acquise, on récupère le jeton et sa valeur, cumulée à vos autres jetons (et aux éventuels poissons), c'est peut-être la porte ouverte vers un bonus plus conséquent en fin de tour.
Jetons/Bonus : il s'agit sans doute du binôme stratégique le plus important du jeu, celui en tout cas qui a tendance a focaliser notre attention. Pourtant, on peut jouer - et gagner - sans toucher une seule fois ce bonus : c'est la philosophie d'Hawaï, à savoir nous proposer de multiples chemins pour marquer des points. Vous pouvez par exemple investir dans les pirogues et vous rendre sur les îles avoisinantes. Si cette stratégie est coûteuse en déplacement, les gains sont attractifs. De même l'aménagement de vos villages est source de points, si vous parvenez à l'optimiser. Là aussi, ça induit que vous achèterez peut-être au prix le plus haut un simple multiplicateur… mais qui va booster votre score final.
Impossible de tout évoquer ici sans en faire un roman alors que, par exemple, les Tikis ou les surfeurs sont eux-aussi stratégiquement très importants. Mais vous aurez tout le loisir de découvrir le potentiel de chaque élément si vous décidez de faire ce petit voyage vers les ex-îles sandwich. Si le jeu ne flambe pas par excès d'innovation, si les configurations 2 et 5 joueurs sont moins optimisées, il est bien servi par son matériel, par la modularité d'un plateau où les distances sont cruciales, par la gestion tendue des ressources (ludiquement toujours efficace) et souvent contrariée par la valse des prix d'un tour à l'autre. Surtout, il vous promet des attelages stratégiques variés d'une partie à l'autre.
Hawaï Editeur : Filosofia Auteur : Greg Daigle Joueurs : 2 à 5 Age : +10 Durée : 60-90mn Règle : français Disponibilité : immédiate
bdm : La version "Get Bit" , qui va sortir chez Bombyx, si mes infos sont exactes dans une petite boite métal à 13 euros seulement, possède un matériel plutôt [...]Voir l'article
claudeJSP : Le jeu arrive chez Gigamic ;-) Voir l'article
Tontonlulus : je ne connais pas l'autre jeu mais celui ci me semble tres amusant et tres jolie (le materiel semble coloré et très soigné). Il me donne envie de l'acheter pour le sortir aux [...]Voir l'article
totoropatate : C'est sûr, il y a tellement e jeux qui nous font envie.... Voir l'article
Regoll : C'est coloré, beau et apparemment intéressant stratégiquement. Il pourrait bien rejoindre ma ludo celui là.....enfin peut être car si j'achète tour ce qu'il [...]Voir l'article
mormorod : Ouais pareil, je ne vais pas y passer cette année... c'est vraiment dommage au vu de cette annonce. Voir l'article
claudeJSP : Oui, effectivement, le mécanisme de base est quasi identique. Kalimambo exploite l'idée d'un danger présent derrière ET devant. Malheureusement, peut y avoir embouteillage [...]Voir l'article
vlan : et dire que cette année j'ai choisi de ne pas y aller... Voir l'article
bdm : Euh... comment dire... c'est EXTREMEMENT proche d'un jeu sorti en 2007, Get Bit http://www.boardgamegeek.com/boardgame/30539/get-bit et qui doit normalement être publié dans notre langue [...]Voir l'article
claudeJSP : Merci Manu pour ce précieux complément d'info. Et cela confirme que Scrabblish et Esquissé ? sont TRÈS proches ;-) Voir l'article
Manu_JSP : plus d'info sur le site de Bruno Faidutti : http://www.faidutti.com/index.php?Module=ludotheque&id=690 Voir l'article
Manu_JSP : C'est l'édition française de Telestrations sortie aux US en 2009, qui était la mise en boite d'un jeu du domaine public (Eat Poop You Cat). Et c'est très bien ! Voir l'article
Julien JSP : Je suis moi aussi déçu de ne pas retrouver un petit Jurassik dans la sélection enfant. Pour le reste elle me semble très bien cette liste. Entre Fame Us et Takenoko mon [...]Voir l'article
Markulf : Idem. Encore une fois, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire un article de Claude. L'analyse est agréable et intéressante. Merci et bravo! Voir l'article